Chien, Chasse et Beauté

Exposés du 7 juin

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« Le dressage du chien bécassier »

Daniel Provost (CNB-Dresseur)

L’intervention de Daniel Provost a été faite sans support de communication. Heureusement, la seule bande magnétique quelque peu audible contient la fin de sa présentation et quelques questions et réponses qu’elle a suscitées. Des extraits en sont donnés ci-dessous :

Thème « corrections »

…C’est fondamental, il ne faut jamais donner une correction à un chien sur du gibier, quelle que soit la bêtise qu’il ait pu faire…
…Par contre, s’il court après un chevreuil, alors là, pas d’hésitation, il faut lui mettre la correction de sa vie…
…Au sujet de la course après le chevreuil, c’est là que le collier électrique trouve sa meilleure utilisation, ça marche ; mais il est bien dit : « après le chevreuil »…
…Le collier électrique ne sert pas à dresser un chien, il sert à lui faire exécuter des ordres qu’il connaît, ce qui n’est pas pareil…

…Vis à vis d’un chien, il ne faut jamais tenir un raisonnement humain, il faut toujours se demander:
« est-ce que mon chien a compris ce que je lui demande ? »…Le chasseur qui met une correction à son chien parce qu’il est parti après un gibier, lui il sait que cela l’a agacé, mais comment vouloir que le chien ait compris qu’il n’a pas le droit de poursuivre ce gibier ? On le laisse poursuivre des alouettes, des merles ou des corbeaux, alors il se dit : « ce doit donc être défendu »…

Question : Peu audible, mais concernant la méthode pour rectifier un chien qui a la dent dure sur le gibier.

Réponse :… « Mise au rapport forcé. Tout le reste va fonctionner sur du gibier froid, mais il vaut mieux tout reprendre à zéro, et le chien rapportera correctement »…

Question : Inaudible, concernant la motivation du chien ?

Réponse : « Il y a deux comportements du chien : en présence et hors présence de son maître. A la chasse, à la Bécasse, le chien peut et doit être hors de la présence de son maître. A partir du moment où l’on entretient ses réflexes conditionnés, le chien a plus de mal à s’en débarrasser »…

Thème « contact »

… Le contact, c’est la partie principale dans le dressage du chien bécassier…

… Pour suivre l’évolution du jeune chien, il faut l’habituer à aller très tôt dans un biotope qu’il connaîtra (le bois), et ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de Bécasse qu’il ne faut pas le sortir. Il faut savoir que, dans le bois, le chiot va rencontrer une multitude d’émanations, autres que celles du gibier, qu’il lui faudra s’habituer à distinguer et reconnaître…

… Des chiens sont envoyés au dressage, qui n’ont jamais été sortis, qui regardent à deux fois avant de franchir une ronce, qui découvrent une pierre qui n’est pas celle du jardin où ils ont l’habitude de galoper, et pendant ce temps là ils n’apprennent pas à découvrir le gibier…

… Il faut penser à sortir les chiens régulièrement, et dans des endroits différents…

… Il faut travailler en priorité le rappel… Un chien qui obéit est un chien à moitié dressé.
Le reste, s’il a des qualités, viendra tout seul…

… Ce qu’il faut travailler au bois, c’est le contact. Le contact, ce n’est pas l’attitude d’un chien qui ne quitte pas son maître, que l’on empêche d’aller à 20 mètres de peur qu’il n’échappe. Le contact, c’est la qualité d’un chien qui va, qui repasse devant son maître, et qui va dans l’autre direction…

… Beaucoup de gens disent : « Mais mon chien, il va trop loin, il chasse à 100 mètres ! »… Un chien qui chasse à 100 mètres, ce n’est pas un chien qui tient une quête à 100 mètres, c’est un chien qui fait ce qu’il veut à 100 mètres. Un chien qui a une quête à 100 mètres à gauche, qui repasse devant son maître, et qui va faire 80, 100 ou même 120 mètres à droite, c’est qu’il prend son terrain…

… Ce n’est pas le maître qui doit aller au chien, c’est le chien qui doit aller au maître. Il faut commencer cela très jeune. Il ne s’agit surtout pas de le rappeler sans arrêt, il faut au contraire le laisser s’extérioriser et s’exprimer. Par contre, il ne faut pas marcher trop vite. Plus on marche et plus on pousse son chien ; si on reste sur place, le chien va revenir…

Thème « Qualité du chien bécassier »

Question : « Ton avis sur les origines bécassières du chiot ? »

Réponse : « Je suis formel, les origines bécassières, j’y crois à 100%. Les chiens ont des spécificités qu’il faut transmettre. Si je prends ma meilleure chienne et si je la fais saillir par un mâle que je sais bon bécassier, et si je répète cela sur 5 générations, je n’aurai pas de surprise. Inversement, si je prends une chienne qui fait demi-tour quand elle se pique dans une ronce, et si je la fais saillir par un mâle dont je ne sais s’il a vu une Bécasse dans sa vie et qui fait du slalom dans la forêt en cavalant dans les allées, je ne suis pas certain que j’obtiendrai un bon bécassier…

… Maintenant, il y a d’autres paramètres qui interviennent… Quelqu’un qui s’occupe bien de son chiot et qui l’emmène très tôt sur les Bécasses, si le chiot est intelligent, c’est très bien. Il faut des prédispositions, et les prédispositions, elles sont d’abord dans les origines, c’est évident. Mais je suis prêt à écouter des avis inverses ».

Question : (inaudible, mais toujours sur les bons bécassiers)

Réponse : « … Pour faire un bon chien bécassier, il faut qu’il soit relativement prudent sur les émanations, je n’ai pas dit trop prudent. Quand on tombe sur des chiens trop prudents sur les émanations, il faut aller chercher des chiens qui ont davantage de décision, tels que les chiens de printemps…

… Un bon chien bécassier est un chien courageux. Or il y a des chiens qui ne sont pas courageux au bois, et je ne suis pas convaincu qu’on puisse faire de grands bécassiers avec ces chiens là…
Donc il faut aller sur le terrain pour juger des prédispositions qu’ils ont…

… Il y a des origines avec lesquelles j’y vais les yeux fermés… Je fais au maximum deux portées à risque…
Je préfère utiliser un trialer que je connais bien qu’un champion que je ne connais pas…

… Un bon bécassier n’est pas un chien très rapide. Un chien qui est trop rapide n’est pas un chien qui a des prédispositions. Pour moi, le meilleur chien, c’est un chien à deux vitesses : il ne perd pas de temps dans son exécution, mais quand il arrive dans un secteur qu’il ne connaît pas, il change de vitesse, il négocie, il accélère, ça c’est la grande marque… Quand j’ai eu Isatis au dressage, je me suis dit : « elle doit faire voler ». Or elle ne faisait pas voler, mais c’est quand même l’exception qui confirme la règle, j’ai rarement vu un chien aussi rapide. C’est vrai aussi qu’elle a vu beaucoup d’oiseaux. Elle avait intelligence, mental, puissance dans le galop, et cette décision qui fait les grands chiens et qui vous met l’oiseau là, devant vous… »

Question : « Est-ce que Isatis le tenait de son père, qui n’avait jamais vu une Bécasse »?

Réponse : « Je veux bien, mais quand même, le père, il n’a pas fait la portée tout seul… »

Question : inaudible, mais sur l’ennui d’un chien

Réponse : « Un chien peut-il s’ennuyer ? Si vous ne vous occupez pas de lui, oui. Un chien habitué à un compagnon et qui perd son compagnon, là aussi. Mais un chien habitué à être seul et dont on s’occupe, alors pas de problème ».

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